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mano a mano

IRAK, LES DEUX SIDAS

1 Septembre 2017, 16:19pm

Publié par mano a mano

Un film de Marie-Ange Poyet
12' / Arte

A Bagdad, comme dans le reste de l’Irak, la journée mondiale de lutte contre le sida sera une journée de plus de silence et de mensonges sur l’épidémie, ses malades et ses modes de transmission. 50 malades officiels pour un pays de 29 millions d’habitants, contre 28 446  en France.  C’est un record, mais celui du déni. En Irak le sida n’a qu’une histoire. Il est arrivé en 1986 avec un lot de produits sanguins vendus par un laboratoire français pour soigner des hémophiles...

Ces produits, porteurs du VIH ont contaminé de nombreux malades. La plupart des ces malades sont morts aujourd’hui mais malgré leur isolement forcé, certains ont transmis le virus. Ce sont les « descendants » des ces hémophiles qui apparaissent comme les seuls cas de sida officiellement déclarés en Irak. Ils seraient 50. Il ne nous a pas été permis de les rencontrer mais au moins
ont-ils une existence. Ce n’est pas le cas pour les autres malades, ceux qui ont contracté le virus ou la maladie par d’autres modes de transmission, drogue, prostitution, homosexualité… puisqu’ils n’existent pas ! Car bien-sûr, et Dieu soit loué, ces comportements en dehors des traditions et de la charria n’existent pas en Irak…
Les médecins entretiennent le déni, et font mine de croire en la stricte observance des règles religieuses comme la meilleure méthode de protection. Pire, l’un d’eux continue de conseiller aux hommes mariés malades du sida de remplir leur devoir conjugal s’ils désirent des enfants. En effet, dit-il, rien ne prouve à 100% que les relations sexuelles non protégées soient dangereuses. Pendant ce temps, les jeunes Irakiens comme en témoignent des étudiants de l’Université de Bagdad font comme ils peuvent avec les informations parcellaires dispensées par leurs professeurs et leurs parents…
En octobre 1994, une plainte avec constitution de partie civile a été déposée au Tribunal de Grande Instance de Lyon au nom de 170 victimes irakiennes des lots français contaminés. Aujourd’hui, il n’y a plus que la trace de cette plainte. Aucun juge n’a jamais été nommé. Il y a donc prescription…