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mano a mano

LES TERRES SALÉES DU BANGLADESH

31 Août 2017, 13:00pm

Publié par mano a mano

Un film de Frédéric Tonolli
26'/ france 3 / Thalassa

 

Le jeudi 15 novembre 2007, un cyclone baptisé Sidr, « l’œil », frappe le sud du Bangladesh. Les digues de protection sont renversées par une énorme vague. Les maisons en pisé, en bambou, en bois, et aux toits de tôle sont balayées. Le bétail est noyé, et les bateaux jetés, loin à l’intérieur des terres. Le premier bilan officiel annonce 3113 victimes. Les villages de pêcheurs de la côte Aujourd’hui abrités dans des tentes de fortune, ils sont des milliers, réfugiés où jadis se dressaient leurs maisons. Alors pour beaucoup de survivants il ne reste que l’exode.
Les moussons de plus en plus violentes, les inondations, les cyclones qui dévastent les côtes chassent des millions de désespérés vers les villes. Comme Dacca la capitale, Chittagong a vu sa population doubler en moins de vingt ans. Ceux que la mer et la campagne ne peuvent plus nourrir. Ceux que les tempêtes du ciel ont jeté sur les routes. Ces migrants climatiques s’entassent dans les bidonvilles.
Avec quelque 150 millions d’habitants entassés sur un territoire, grand comme le quart de la France, le Bangladesh connaît la plus forte densité de population au monde.
Si la montée des eaux correspondait bien à tous les modèles envisagés, 20 % du Bangladesh s’enfoncerait d’ici 10 ans sous les eaux. Plus de 20 millions de personnes devront fuir les colères de la mer.
Du village de Kuakata sur le Golfe du Bengale nous suivons Shoidu Islam, le pêcheur. Il a tout perdu lors du dernier cyclone, alors pour pouvoir nourrir sa famille, il ferme sa valise et direction la ville où il espère trouver un travail. Il a pris la route sans retour des réfugiés climatiques.